Si c’est par la musique qu’Éric Moreau a commencé à s’intéresser à l’anglais, il a bien vite mis de côté ses ambitions de rock star pour se consacrer à une activité plus discrète : la traduction.

« J’ai commencé par faire une licence de Littératures, Langues et Civilisations Étrangères (LLCE). Une professeure m’a ensuite appris qu’un master de traduction anglais-français existait et j’y suis allé. C’était d’ailleurs le premier master de ce genre, il me semble. Le métier commençait tout juste à se professionnaliser. »

Un métier solitaire pour un homme de contact

L’exercice de version lui plait et c’est ainsi qu’Éric fait bientôt ses preuves chez les éditions du Masque, une maison spécialisée dans les romans policiers qu’il affectionne tant. Lorsqu’on lui demande si c’est par aversion pour le genre humain qu’il chérit tant le contact des livres, Éric répond dans un rire :

« Au contraire ! C’est un métier solitaire mais ce que j’apprécie, c’est aussi de participer à la chaîne du livre. J’aime le milieu de l’édition. C’est satisfaisant de travailler sur des textes qui me plaisent et de voir un livre que j’ai traduit dans les mains des lecteurs, de le rendre accessible à des personnes qui ne pourraient pas les lire en anglais. Surtout en ce qui concerne la littérature jeunesse, lorsqu’il s’agit de jeux de mots, par exemple. »

L’art de trouver une place à sa mesure

S’il traduit majoritairement des romans, Éric travaille également avec la petite maison d’édition indépendante bordelaise Cornélius, spécialisée dans la bande dessinée. Il nous raconte les aléas de son métier et ses difficultés à trouver un lieu équilibré où s’installer pour travailler avec efficacité :

« Être seul tout le temps, c’est pénible. Certains parviennent à s’en accommoder mais, en ce qui me concerne, j’ai besoin d’un cadre et de voir du monde. J’ai essayé pas mal de configurations, notamment les cafés, mais le silence est primordial dans mon métier et les cafés s’y prêtent mal. »

C’est finalement le mobilier qui s’avérera décisif pour Éric qui passe une importante partie de sa journée assis.

« J’ai passé du temps dans les bibliothèques universitaires. J’en garde d’assez bons souvenirs mais elles fermaient trop tôt, alors j’ai commencé à côtoyer le Bac A Sable le soir et pendant les vacances et puis j’ai fini par venir ici à temps plein. Sans compter qu’en termes de confort, ça n’a rien à voir ! J’aime bien pouvoir changer de place et de siège selon l’humeur. »

Pour en savoir plus sur Éric et son métier, rendez-vous sur son site !